Activez vos droits à la formation et financez votre montée en compétences grâce à vos cotisations de dirigeant.
Vous cotisez chaque année à un fonds dédié via l'URSSAF, sans forcément le savoir ni en tirer parti. Pourtant, en tant que chef d'une petite structure en France, artisan ou professionnel libéral, vous avez des droits concrets au développement de vos savoir-faire et des dispositifs spécifiques existent pour vous accompagner.
En tant que patron de votre propre structure, il est facile de penser que le développement professionnel est réservé aux personnes sous contrat de travail. Pourtant, si vous pilotez une TPE ou exercez en nom propre, vous cotisez chaque année à un fonds dédié… et vous avez donc des droits.
Les dispositifs pour non-salariés s'adressent à un large public :
À noter : votre éligibilité dépend de votre profil juridique et de votre secteur d'activité. C'est ce qui détermine à quel fonds vous êtes rattaché.
Chaque année, les travailleurs autonomes versent une cotisation au plan de développement via leur déclaration URSSAF. Cette contribution, souvent perçue comme une simple charge, est en réalité la clé d'accès à vos droits.
Son montant varie selon votre profil et votre secteur :
Concrètement, cela représente entre 120 € et 160 € par an environ, une somme modeste, mais qui vous ouvre droit à des prises en charge bien supérieures pour vos parcours d'expertise métier.
Tous les actifs accumulent des droits sur leur Compte Personnel de Formation. Il peut subventionner certaines formations certifiantes ou qualifiantes. Cependant, pour les libéraux, le CPF est souvent moins avantageux que les fonds dédiés, car les montants sont plafonnés et les démarches plus contraignantes.
Les OPCO (Opérateurs de Compétences) : ces organismes financent principalement le développement des collaborateurs des entreprises. En tant que non-salarié, vous n'en dépendez pas directement, même si votre société peut y faire appel pour ses employés.
Les fonds dédiés aux TNS : ce sont vos interlocuteurs privilégiés. Alimentés par votre cotisation annuelle, ils proposent des remboursements directs, souvent plus simples et plus rapides à obtenir que le CPF, avec des plafonds pouvant atteindre plusieurs centaines d'euros par an et par programme.
Trois organismes se partagent le financement du développement des savoir-faire des non-salariés en France. Chacun correspond à un profil précis : votre secteur d'activité et votre situation juridique déterminent lequel est le vôtre.
L'Association de Gestion du Financement de la Formation des Chefs d'Entreprise s'adresse aux non-salariés du commerce, de l'industrie et des prestations : gérants majoritaires de SARL, exploitants individuels, présidents de SAS non-salariés, conjoints collaborateurs…
Concrètement, si vous tenez un commerce, dirigez une petite structure ou pilotez une organisation industrielle sans être rattaché à votre propre payroll, l'AGEFICE est votre interlocuteur.
Les programmes pris en charge couvrent un large spectre : gestion et finance, management, outils digitaux, développement commercial, langues… Les remboursements peuvent atteindre jusqu'à 1 500 € par an selon le programme choisi et votre situation.
Le Fonds Interprofessionnel de Formation des Métiers Libéraux est dédié aux freelances exerçant une profession libérale non réglementée par un ordre professionnel spécifique : consultants, coachs, formateurs, thérapeutes, experts, agents commerciaux…
Certaines professions réglementées disposent quant à elles de leur propre fonds (FAF PM pour les médecins, FIF PL pour d'autres métiers de santé). Il est donc important de vérifier votre rattachement exact avant de déposer une demande.
Le FIF PL subventionne des parcours dans des domaines variés : montée en expertises, gestion, communication, numérique, développement personnel appliqué à l'exercice libéral. Les montants varient selon le type et la durée, avec des plafonds annuels définis chaque année par le fonds.
Le Fonds d'Assurance Formation des Chefs d'Entreprise Artisanale s'adresse aux professionnels immatriculés au Répertoire des Métiers : boulangers, électriciens, coiffeurs, menuisiers, plombiers, et tous les corps de métier de l'artisanat au sens large.
Ce fonds accompagne les patrons de TPE artisanales dans le développement de leurs savoir-faire techniques, mais aussi dans le pilotage de leur structure. Les programmes pris en charge incluent aussi bien les gestes métier que la comptabilité, la communication digitale ou la relation client.
Le FAFCEA travaille en lien étroit avec les Chambres de Métiers et de l'Artisanat, qui peuvent vous orienter et vous aider à monter votre dossier de remboursement.
Avant toute démarche, une vérification s'impose : êtes-vous bien à jour de votre cotisation à la formation professionnelle (CFP) auprès de l'URSSAF ?
Cette contribution est normalement prélevée automatiquement dans le cadre de vos charges sociales. Cependant, en cas de création récente de votre structure, de changement de profil ou d'irrégularité de paiement, il est possible que vous ne soyez pas encore éligible. Consultez votre espace ou contactez directement votre fonds de rattachement pour en avoir la confirmation.
Une fois votre éligibilité confirmée, il s'agit de sélectionner le bon dispositif. Chaque fonds publie sur son site un catalogue de programmes référencés, avec les organismes de formation agréés et les thématiques couvertes.
Quelques critères à garder en tête :
Une fois votre éligibilité confirmée, il s'agit de sélectionner le bon dispositif. Chaque fonds publie sur son site un catalogue de programmes référencés, avec les organismes de formation agréés et les thématiques couvertes.
C'est l'étape qui rebute souvent les libéraux, à tort, les démarches sont globalement simples. Voici ce qu'un dossier comprend généralement :
Point de vigilance majeur : la demande de remboursement doit impérativement être déposée avant le début du programme. Un dossier soumis après le démarrage sera systématiquement refusé, quel que soit le fonds.
Une fois le dossier validé, vous recevrez un accord précisant le montant pris en charge. Le règlement est généralement effectué directement auprès de l'organisme, ou remboursé au dirigeant sur présentation des justificatifs.
Vous n'êtes pas seul pour naviguer dans ces dispositifs. Plusieurs structures peuvent vous accompagner gratuitement :
Le développement des savoir-faire est un levier souvent sous-utilisé par les petites structures. Prendre le temps de s'y pencher, c'est investir dans la compétitivité et la pérennité de son entreprise.
Oui, les travailleurs indépendants bénéficient de budgets de formation au même titre que les salariés sous contrat.. Ces droits peuvent prendre en charge des parcours certifiants ou qualifiants inscrits au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) ou au répertoire spécifique (RS).
Cependant, le CPF et les fonds dédiés aux TNS sont deux dispositifs distincts et cumulables dans certains cas. Cette combinaison est particulièrement intéressante pour les parcours longs ou certifiants, dont le tarif dépasse souvent les plafonds annuels des fonds. Renseignez-vous auprès de votre fonds de rattachement pour savoir si ce cumul est possible pour votre projet, car les règles varient d'un organisme à l'autre et peuvent évoluer chaque année.
En règle générale, un non-salarié est rattaché à un seul fonds selon son profil et son secteur. Il n'est donc pas possible de cumuler un remboursement pour un même programme.
En revanche, il est possible de mobiliser plusieurs dispositifs sur une même année : votre fonds principal pour un parcours, et votre CPF pour un autre. Par ailleurs, si votre structure emploie des collaborateurs, leurs parcours peuvent être pris en charge via votre OPCO, indépendamment de votre propre remboursement.
Les montants varient selon les fonds, le programme et votre situation. À titre indicatif :
Ces montants sont révisés régulièrement par chaque fonds. Consultez les sites officiels pour connaître les barèmes en vigueur au moment de votre demande.
Plusieurs options s'offrent à vous :
Artisan, praticien libéral, exploitant indépendant : vous cotisez chaque année pour subventionner votre propre montée en compétences. Ne laissez pas ces droits dormir. Que ce soit pour renforcer vos savoir-faire techniques, mieux piloter votre structure ou vous adapter aux évolutions de votre secteur sans que cela ne vous coûte plus que ce que vous versez déjà.
La démarche est plus simple qu'il n'y paraît : identifiez votre fonds, choisissez un programme adapté à votre métier, déposez votre dossier avant le démarrage et laissez votre parcours se financer presque seul.