Dirigeants non-salariés : comment utiliser vos droits à la formation

Activez vos droits à la formation et financez votre montée en compétences grâce à vos cotisations de dirigeant.

29/4/2026
Entreprise

Vous cotisez chaque année à un fonds dédié via l'URSSAF, sans forcément le savoir ni en tirer parti. Pourtant, en tant que chef d'une petite structure en France, artisan ou professionnel libéral, vous avez des droits concrets au développement de vos savoir-faire et des dispositifs spécifiques existent pour vous accompagner.

Dirigeants : qui est concerné et pourquoi la formation est un droit

En tant que patron de votre propre structure, il est facile de penser que le développement professionnel est réservé aux personnes sous contrat de travail. Pourtant, si vous pilotez une TPE ou exercez en nom propre, vous cotisez chaque année à un fonds dédié… et vous avez donc des droits.

Chefs d'entreprise, indépendants, artisans, professions libérales : qui peut en bénéficier ?

Les dispositifs pour non-salariés s'adressent à un large public :

  • Les gérants non-salariés : gérants majoritaires de SARL, exploitants individuels, auto-entrepreneurs ayant dépassé certains seuils
  • Les artisans immatriculés au répertoire des métiers, qu'ils exercent seuls ou à la tête d'une petite structure
  • Les professions libérales : médecins, avocats, experts-comptables, consultants, thérapeutes…
  • Les travailleurs indépendants type micro-entreprises dans les secteurs du commerce, des prestations ou de l'artisanat

À noter : votre éligibilité dépend de votre profil juridique et de votre secteur d'activité. C'est ce qui détermine à quel fonds vous êtes rattaché.

La cotisation formation : une obligation méconnue des patrons de TPE

Chaque année, les travailleurs autonomes versent une cotisation au plan de développement via leur déclaration URSSAF. Cette contribution, souvent perçue comme une simple charge, est en réalité la clé d'accès à vos droits.

Son montant varie selon votre profil et votre secteur :

  • 0,25 % du plafond annuel de la Sécurité sociale pour la plupart des praticiens libéraux
  • 0,29 % pour les artisans
  • 0,34 % pour les commerçants et gérants relevant de l'AGEFICE

Concrètement, cela représente entre 120 € et 160 € par an environ, une somme modeste, mais qui vous ouvre droit à des prises en charge bien supérieures pour vos parcours d'expertise métier.

CPF, OPCO, fonds dédiés : quelles différences pour les non-salariés ?

Tous les actifs accumulent des droits sur leur Compte Personnel de Formation. Il peut subventionner certaines formations certifiantes ou qualifiantes. Cependant, pour les libéraux, le CPF est souvent moins avantageux que les fonds dédiés, car les montants sont plafonnés et les démarches plus contraignantes.

Les OPCO (Opérateurs de Compétences) : ces organismes financent principalement le développement des collaborateurs des entreprises. En tant que non-salarié, vous n'en dépendez pas directement, même si votre société peut y faire appel pour ses employés.

Les fonds dédiés aux TNS : ce sont vos interlocuteurs privilégiés. Alimentés par votre cotisation annuelle, ils proposent des remboursements directs, souvent plus simples et plus rapides à obtenir que le CPF, avec des plafonds pouvant atteindre plusieurs centaines d'euros par an et par programme.

Quel fonds choisir selon votre statut ?

Trois organismes se partagent le financement du développement des savoir-faire des non-salariés en France. Chacun correspond à un profil précis : votre secteur d'activité et votre situation juridique déterminent lequel est le vôtre.

AGEFICE : le fonds des gérants du commerce, de l'industrie et des services

L'Association de Gestion du Financement de la Formation des Chefs d'Entreprise s'adresse aux non-salariés du commerce, de l'industrie et des prestations : gérants majoritaires de SARL, exploitants individuels, présidents de SAS non-salariés, conjoints collaborateurs…

Concrètement, si vous tenez un commerce, dirigez une petite structure ou pilotez une organisation industrielle sans être rattaché à votre propre payroll, l'AGEFICE est votre interlocuteur.

Les programmes pris en charge couvrent un large spectre : gestion et finance, management, outils digitaux, développement commercial, langues… Les remboursements peuvent atteindre jusqu'à 1 500 € par an selon le programme choisi et votre situation.

FIF PL : le fonds interprofessionnel des praticiens libéraux

Le Fonds Interprofessionnel de Formation des Métiers Libéraux est dédié aux freelances exerçant une profession libérale non réglementée par un ordre professionnel spécifique : consultants, coachs, formateurs, thérapeutes, experts, agents commerciaux…

Certaines professions réglementées disposent quant à elles de leur propre fonds (FAF PM pour les médecins, FIF PL pour d'autres métiers de santé). Il est donc important de vérifier votre rattachement exact avant de déposer une demande.

Le FIF PL subventionne des parcours dans des domaines variés : montée en expertises, gestion, communication, numérique, développement personnel appliqué à l'exercice libéral. Les montants varient selon le type et la durée, avec des plafonds annuels définis chaque année par le fonds.

FAFCEA : le fonds dédié aux métiers de l'artisanat

Le Fonds d'Assurance Formation des Chefs d'Entreprise Artisanale s'adresse aux professionnels immatriculés au Répertoire des Métiers : boulangers, électriciens, coiffeurs, menuisiers, plombiers, et tous les corps de métier de l'artisanat au sens large.

Ce fonds accompagne les patrons de TPE artisanales dans le développement de leurs savoir-faire techniques, mais aussi dans le pilotage de leur structure. Les programmes pris en charge incluent aussi bien les gestes métier que la comptabilité, la communication digitale ou la relation client.

Le FAFCEA travaille en lien étroit avec les Chambres de Métiers et de l'Artisanat, qui peuvent vous orienter et vous aider à monter votre dossier de remboursement.

Quel organisme finance votre formation professionnelle ?

Votre profil Votre fonds
Commerçant, gérant non-salarié du secteur prestations ou industrie AGEFICE
Profession libérale non réglementée FIF PL
Professionnel immatriculé au Répertoire des Métiers FAFCEA

Droits à la formation : démarches, éligibilité et étapes clés

Vérifier votre situation et votre cotisation URSSAF

Avant toute démarche, une vérification s'impose : êtes-vous bien à jour de votre cotisation à la formation professionnelle (CFP) auprès de l'URSSAF ?

Cette contribution est normalement prélevée automatiquement dans le cadre de vos charges sociales. Cependant, en cas de création récente de votre structure, de changement de profil ou d'irrégularité de paiement, il est possible que vous ne soyez pas encore éligible. Consultez votre espace ou contactez directement votre fonds de rattachement pour en avoir la confirmation.

Choisir son programme : thématiques, catalogue et référencement

Une fois votre éligibilité confirmée, il s'agit de sélectionner le bon dispositif. Chaque fonds publie sur son site un catalogue de programmes référencés, avec les organismes de formation agréés et les thématiques couvertes.

Quelques critères à garder en tête :

  • La pertinence par rapport à votre secteur : le programme doit avoir un lien direct avec votre métier ou le développement de votre structure
  • Le référencement : certains fonds exigent que le parcours soit enregistré avec un code spécifique ou dispensé par un organisme certifié Qualiopi
  • Le format : présentiel, distanciel, e-learning… tous les formats ne sont pas systématiquement pris en charge selon les fonds
  • Le coût total : comparez le montant du remboursement proposé avec le tarif réel pour anticiper un éventuel reste à charge

Une fois votre éligibilité confirmée, il s'agit de sélectionner le bon dispositif. Chaque fonds publie sur son site un catalogue de programmes référencés, avec les organismes de formation agréés et les thématiques couvertes.

Monter son dossier de remboursement : pièces, délais et étapes

C'est l'étape qui rebute souvent les libéraux, à tort, les démarches sont globalement simples. Voici ce qu'un dossier comprend généralement :

  • Un formulaire de demande à remplir en ligne sur le site de votre fonds
  • Un devis ou programme détaillé fourni par l'organisme
  • Une attestation de cotisation ou justificatif URSSAF
  • Selon les cas : un extrait Kbis, un justificatif de profil ou une attestation d'immatriculation

Point de vigilance majeur : la demande de remboursement doit impérativement être déposée avant le début du programme. Un dossier soumis après le démarrage sera systématiquement refusé, quel que soit le fonds.

Une fois le dossier validé, vous recevrez un accord précisant le montant pris en charge. Le règlement est généralement effectué directement auprès de l'organisme, ou remboursé au dirigeant sur présentation des justificatifs.

Les ressources disponibles pour vous guider

Vous n'êtes pas seul pour naviguer dans ces dispositifs. Plusieurs structures peuvent vous accompagner gratuitement :

  • Les CCI et CMA (Chambres de Commerce et d'Industrie, Chambres de Métiers et de l'Artisanat) : elles orientent les freelances vers les bons fonds et peuvent aider à monter les dossiers.
  • Les conseillers en évolution professionnelle (CEP) : accessibles aux freelances, ils proposent un suivi personnalisé pour définir votre plan de développement et les actions à prioriser.
  • Les sites officiels (agefice.fr, fifpl.fr, fafcea.fr) : ils mettent à disposition des simulateurs, catalogues et formulaires en ligne.
  • Votre expert-comptable : souvent bien informé sur les mécanismes de prise en charge, il peut vous alerter sur vos droits et vous aider à intégrer le développement de vos savoir-faire dans votre stratégie.

Le développement des savoir-faire est un levier souvent sous-utilisé par les petites structures. Prendre le temps de s'y pencher, c'est investir dans la compétitivité et la pérennité de son entreprise.

FAQ : vos questions sur le développement des compétences des non-salariés

Un non-salarié peut-il utiliser son CPF ?

Oui, les travailleurs indépendants bénéficient de budgets de formation au même titre que les salariés sous contrat.. Ces droits peuvent prendre en charge des parcours certifiants ou qualifiants inscrits au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) ou au répertoire spécifique (RS).

Cependant, le CPF et les fonds dédiés aux TNS sont deux dispositifs distincts et cumulables dans certains cas. Cette combinaison est particulièrement intéressante pour les parcours longs ou certifiants, dont le tarif dépasse souvent les plafonds annuels des fonds. Renseignez-vous auprès de votre fonds de rattachement pour savoir si ce cumul est possible pour votre projet, car les règles varient d'un organisme à l'autre et peuvent évoluer chaque année.

Peut-on cumuler plusieurs fonds ?

En règle générale, un non-salarié est rattaché à un seul fonds selon son profil et son secteur. Il n'est donc pas possible de cumuler un remboursement pour un même programme.

En revanche, il est possible de mobiliser plusieurs dispositifs sur une même année : votre fonds principal pour un parcours, et votre CPF pour un autre. Par ailleurs, si votre structure emploie des collaborateurs, leurs parcours peuvent être pris en charge via votre OPCO, indépendamment de votre propre remboursement.

Quel est le montant moyen d'un remboursement ?

Les montants varient selon les fonds, le programme et votre situation. À titre indicatif :

  • AGEFICE : jusqu'à 1 500 € par an selon le programme
  • FIF PL : plafonds variables définis chaque année, généralement entre 150 € et 900 € selon la durée et le format
  • FAFCEA : prise en charge pouvant aller jusqu'à plusieurs centaines d'euros, avec des forfaits spécifiques selon les thématiques

Ces montants sont révisés régulièrement par chaque fonds. Consultez les sites officiels pour connaître les barèmes en vigueur au moment de votre demande.

Comment trouver un programme pris en charge ?

Plusieurs options s'offrent à vous :

  • Consultez le catalogue en ligne de votre fonds de rattachement : les organismes agréés et les thématiques éligibles y sont référencés
  • Vérifiez la certification Qualiopi de l'organisme que vous envisagez : c'est désormais un prérequis pour la plupart des remboursements
  • Rapprochez-vous de votre CCI ou CMA : elles proposent régulièrement des programmes adaptés aux freelances et patrons de TPE, déjà référencés auprès des fonds
  • Contactez directement votre fonds avant de vous engager : un simple appel ou email peut vous confirmer l'éligibilité d'un parcours et vous éviter une mauvaise surprise

Artisan, praticien libéral, exploitant indépendant : vous cotisez chaque année pour subventionner votre propre montée en compétences. Ne laissez pas ces droits dormir. Que ce soit pour renforcer vos savoir-faire techniques, mieux piloter votre structure ou vous adapter aux évolutions de votre secteur sans que cela ne vous coûte plus que ce que vous versez déjà.

La démarche est plus simple qu'il n'y paraît : identifiez votre fonds, choisissez un programme adapté à votre métier, déposez votre dossier avant le démarrage et laissez votre parcours se financer presque seul.

Guillaume M.
Fondateur

Fondateur d'Akigora.com