Experts de la formation : sécurisez votre portage Qualiopi en toute légalité.
Non, le portage Qualiopi n'est pas interdit. Ce qui est illégal, c'est le "prêt de numéro" : utiliser le certificat ou le NDA d'un organisme juste pour débloquer un financement, sans aucun suivi derrière. Un portage sérieux, avec contrat et traçabilité, est au contraire un dispositif reconnu et encadré par la loi.
Si vous êtes formateur indépendant et que vous envisagez le portage pour proposer des formations finançables par vos clients, cette confusion peut légitimement vous inquiéter : personne n'a envie de facturer une prestation sur un montage qui s'effondre au premier contrôle OPCO, ni de mettre en jeu sa réputation ou celle de son client. Bonne nouvelle : la loi est claire, et il suffit de connaître quelques repères pour distinguer un portage conforme d'une pratique à risque et organiser sereinement votre travail.
À ne pas confondre avec le portage salarial, qui concerne votre statut et votre contrat de travail : ici, il s'agit uniquement de la conformité administrative de vos actions de formation. Les deux dispositifs sont d'ailleurs cumulables.
Le portage de formation (ou portage administratif Qualiopi) consiste à déléguer la gestion administrative et qualité de vos actions de formation à un centre déjà certifié Qualiopi. C'est un dispositif utilisé chaque année par de nombreux formateurs indépendants pour proposer des formations finançables sans passer eux-mêmes la certification. Vous restez indépendant, vous gardez votre liberté pédagogique et vos clients, mais vous vous appuyez sur une structure porteuse pour la conformité, la facturation et les relations avec les financeurs (OPCO, entreprises, etc).
Pour en savoir plus sur le fonctionnement concret de ce dispositif chez Akigora, direction notre page Portage administratif Qualiopi.
Dans la suite de cet article, on démêle le vrai du faux, texte de loi et référentiel Qualiopi à l'appui.
Cette réputation vient d'un vrai problème... mais mal nommé. Ce qui est interdit n'est pas le portage en tant que tel, c'est une pratique bien précise qu'on appelle le prêt de numéro Qualiopi.
Le prêt de numéro (parfois aussi appelé « prêt de certificat » ou « vente de logo ») consiste à utiliser le certificat Qualiopi ou le numéro de déclaration d'activité (NDA) d'un organisme uniquement pour débloquer un financement, sans qu'aucun véritable suivi administratif ou qualité ne soit assuré derrière.
Concrètement, dans un prêt de numéro :
C'est cette absence totale de suivi qui pose problème : l'organisme certifié engage sa responsabilité et sa certification sur une prestation qu'il ne maîtrise pas, et le financeur (OPCO, entreprise) paie une formation qui n'a jamais été réellement contrôlée. C'est ce type de montage, assimilable à de la fraude documentaire, qui expose à des sanctions.
À l'inverse, faire appel à un organisme porteur pour déléguer l'administratif est une pratique reconnue et encadrée. Dans ce cas de figure, le centre certifié Qualiopi :
Autrement dit, la différence ne se joue pas sur le principe (déléguer l'administratif à un tiers), mais sur la réalité du suivi apporté. Un portage sérieux, avec contrat et traçabilité, est 100 % légal.
Le portage de formation s'apparente, sur le plan juridique, à de la sous-traitance de formation professionnelle. Ce mécanisme est explicitement prévu et encadré par le Référentiel National Qualité, le texte qui sert de base à la certification Qualiopi.
Pour être conforme, un portage administratif Qualiopi repose sur trois piliers :
1. Le contrat. Il lie le formateur indépendant à une société porteuse. Il précise la nature de la mission confiée, les responsabilités de chacun, les modalités de suivi et de contrôle qualité, ainsi que les conditions financières.
2. Le NDA (numéro de déclaration d'activité). Selon les cas, le formateur peut disposer de son propre NDA ou intervenir sous celui de l'organisme porteur. Dans tous les cas, l'existence (ou non) d'un NDA, ainsi que le statut fiscal du formateur, doivent être clairement identifiés, c'est d'ailleurs un point que vérifient les certificateurs lors des audits.
3. L'organisme certifié. Celui-ci reste le garant de la conformité Qualiopi : il applique le cahier des charges Qualiopi sur les indicateurs qui le concernent (objectifs pédagogiques alignés avec le donneur d'ordre, évaluation des acquis, traçabilité des actions, recueil des appréciations, etc.), même lorsque la formation est en réalité animée par un formateur externe. C'est notamment l'indicateur 27 du référentiel qui encadre précisément le pilotage de la sous-traitance.
Depuis 2022, seuls les organismes certifiés Qualiopi peuvent proposer des formations éligibles aux financements publics ou mutualisés (OPCO notamment). Un formateur indépendant non certifié ne peut donc pas, seul, faire financer ses formations par un OPCO. À noter : le CPF (compte personnel de formation) et les bilans de compétences répondent à des exigences de certification supplémentaires et ne sont pas forcément couverts par tous les organismes porteurs, mieux vaut vérifier ce point en amont si c'est votre cas.
En passant par un portage conforme, la formation est rattachée administrativement à l'organisme certifié : c'est lui qui établit la convention, facture le financeur, et constitue le dossier de prise en charge. Concrètement, pour que le dossier soit accepté par l'OPCO :
C'est cette rigueur qui sécurise à la fois le formateur, le client final, et le financeur.
Un portage mal ficelé n'est pas juste une question de paperasse en retard : il peut avoir des conséquences concrètes, pour vous comme pour votre client. C'est d'ailleurs pour cette raison que les critères du RNQ (Référentiel National Qualité) imposent aux organismes certifiés un suivi rigoureux de leurs sous-traitants : tous les traitants impliqués dans une action de formation doivent pouvoir justifier de leur rôle et de leurs compétences.
1. Absence de contrat : sans document écrit encadrant la mission, aucune des deux parties n'est protégée en cas de litige, de contrôle ou de désaccord sur le périmètre de l'intervention.
2. Pas de suivi des apprenants : pas de feuilles d'émargement, pas d'évaluation des acquis, pas de recueil des appréciations... autant d'éléments pourtant exigés par le référentiel Qualiopi et systématiquement demandés lors d'un contrôle.
3. Manque de transparence sur qui facture quoi : si le formateur facture directement le client final en utilisant le nom de l'organisme certifié sans lien contractuel réel, on retombe dans le prêt de numéro évoqué plus haut.
Si le montage administratif ne tient pas la route, l'OPCO peut refuser de prendre en charge la formation, y compris après qu'elle a été dispensée. Les conséquences sont directes :
Autant de raisons de vérifier, en amont, que le portage sur lequel vous vous appuyez est bien conforme.
Quelques réflexes simples permettent de savoir rapidement si vous êtes en règle. Un bon critère pour commencer : demandez systématiquement les documents suivants.
Un portage conforme ne doit jamais vous faire perdre la main sur votre métier. Dans un dispositif légal, vous restez libre de :
L'organisme porteur prend en charge l'administratif et la conformité qualité, pas votre expertise pédagogique. Si un prestataire vous impose ses contenus, ses tarifs, ou capte vos clients, ce n'est plus du portage : c'est un tout autre modèle, à questionner.