Définition, méthode de calcul et exemple chiffré pour fixer votre Taux Journalier Moyen (TJM) en toute confiance.
Vous ne savez pas quel tarif journalier annoncer à un client, entre peur de vous sous-vendre et crainte de perdre la mission ? Vous n'êtes pas seul(e) : c'est l'une des questions les plus délicates pour tout freelance ou consultant indépendant. Le Taux Journalier Moyen (TJM) n'est pourtant pas un chiffre choisi au hasard : bien calculé, il garantit à la fois une rémunération juste et la pérennité de votre activité. Dans cet article, on vous explique ce qu'est le TJM, comment le calculer précisément (formule + exemple chiffré), et comment le défendre face à un client.
Le Taux Journalier Moyen représente le tarif qu'un freelance, un travailleur indépendant ou un consultant facture pour une journée de travail. Ce montant doit couvrir non seulement le revenu souhaité, mais aussi les charges et les frais liés à l'activité professionnelle : charges sociales, frais de gestion, coûts liés à l'assurance.
En freelance, il est possible de facturer une prestation de plusieurs façons :
Le TJM reste néanmoins la méthode la plus répandue chez les consultants et Experts, car il est essentiel pour trois raisons :
Contrairement à un salaire mensuel fixe, le TJM est variable et dépend des missions réalisées : il faut donc l'ajuster en tenant compte des jours ou semaines sans mission, contrairement à un salarié qui perçoit une rémunération régulière quelle que soit son activité.
Deux approches complémentaires permettent de calculer son TJM :
Plusieurs facteurs influencent directement le niveau de votre TJM :
Une fois ces éléments identifiés, vous pouvez estimer votre TJM avec la formule suivante :
TJM = (Salaire net annuel espéré – charges annuelles – impôt sur le revenu) / nombre de jours travaillés et facturés
Exemple de calcul pour une freelance en micro-entreprise. Imaginons une consultante en marketing digital, en micro-entreprise, qui vise un salaire net annuel de 30 000 €.
Avant de calculer son TJM, elle liste les trois éléments qui vont entrer dans l'équation :
Les charges sociales représentant un pourcentage du chiffre d'affaires (et non du salaire net), il faut d'abord estimer le CA total avant de pouvoir les chiffrer précisément :
CA = (Salaire net annuel espéré + Autres charges) / (1 – Taux de charges)
CA = (30 000 + 3 000) / (1 – 0,22) = 33 000 / 0,78 ≈ 42 308 €
Une fois le CA estimé, le calcul des charges sociales devient direct :
Charges sociales = CA × 0,22 = 42 308 × 0,22 ≈ 9 308 €
Pour estimer l'impôt, on additionne d'abord l'ensemble des revenus nets perçus (rémunération + charges sociales + autres charges), puis on applique le taux d'imposition :
Revenus nets = Rémunération nette espérée + Charges sociales + Autres charges = 30 000 + 9 308 + 3 000 = 42 308 €
Impôt = 42 308 × 0,10 ≈ 4 231 €
La consultante estime pouvoir travailler et facturer environ 110 jours par an, une fois déduits les jours non facturables : prospection, tâches administratives, congés, formation continue, etc.
Il ne reste plus qu'à additionner l'ensemble des montants identifiés (rémunération, charges sociales, autres charges, impôt) et à diviser par le nombre de jours facturables :
TJM = (30 000 + 9 308 + 3 000 + 4 231) / 110 = 46 539 / 110 ≈ 423 €
Notre consultante devrait donc facturer environ 423 € par jour pour atteindre son objectif de 30 000 € de revenus nets annuels, en couvrant l'intégralité de ses charges et de son impôt.
Le portage salarial offre une alternative au freelancing classique : vous conservez votre indépendance dans le choix de vos missions et de vos clients, tout en bénéficiant d'une sécurité sociale et d'avantages de salarié (chômage, retraite, mutuelle). En contrepartie, une commission est prélevée par la société de portage, généralement autour de 10 % du montant facturé, en plus des charges sociales classiques. Le TJM doit donc être calculé en intégrant ce coût supplémentaire, ce qui explique pourquoi un TJM en portage salarial est souvent légèrement supérieur à celui pratiqué en micro-entreprise pour un revenu net équivalent.
Les consultants salariés perçoivent des revenus fixes, indépendants de leur charge de travail réelle, et bénéficient d'avantages sociaux classiques (mutuelle d'entreprise, congés payés, RTT). Les consultants freelances, eux, fixent leur TJM librement et bénéficient d'un potentiel de revenus plus élevé sur les missions à forte valeur ajoutée, mais doivent composer avec une incertitude de revenus et un suivi administratif plus lourd. Le choix entre les deux statuts dépend donc autant de votre tolérance au risque que de votre besoin d'autonomie dans la gestion de votre activité.
Pour convaincre un client de la pertinence de votre TJM, il est essentiel de le présenter et de le justifier efficacement. Mettez en avant votre expertise, la valeur ajoutée concrète de votre intervention et les bénéfices attendus pour le client, plutôt que de vous justifier uniquement sur vos charges. Expliquer pourquoi le tarif proposé est cohérent avec la valeur livrée aide à gagner la confiance du client et à sécuriser des missions à long terme plutôt que des négociations tarifaires répétées à chaque projet.
Votre TJM n'a pas vocation à rester figé. Il doit évoluer selon plusieurs paramètres :
Pour suivre ces ajustements dans la durée, les outils de comptabilité et les plateformes de gestion de projet permettent de calculer, suivre et facturer votre TJM efficacement, tout en s'assurant que chaque facture reflète bien la réalité de votre activité.
Fixer son TJM n'est pas une question de feeling, mais un calcul précis qui protège à la fois votre rémunération et la pérennité de votre activité. En intégrant l'ensemble de vos charges, votre fiscalité et vos jours réellement facturables, vous évitez le piège classique du tarif trop bas qui use sans enrichir. Si vous cherchez des missions à la hauteur de votre expertise, découvrez comment devenir Expert freelance avec Akigora et accédez à des opportunités alignées avec votre TJM.